17 mars 2026

« Nos scènes fragilisées, nos arts vivants menacés » – TAI pilote une action concertée en arts vivants

Salle de Théâtres sièges rouge TDP

Les lieux de diffusion incontournables des deux grands centres urbains du Québec sont particulièrement préoccupés par le maintien et la pérennisation de notre patrimoine collectif essentiel aux arts vivants : les salles de spectacle, là où les œuvres québécoises rencontrent le public. C’est pourquoi TAI pilote depuis plusieurs mois une action concertée en arts vivants aux côtés de 34 lieux de diffusion dans les villes de Québec et de Montréal, avec l’appui de 10 alliés du secteur des arts vivants.

 

Les constats sont les mêmes, que ce soit en théâtre, en danse, en musique, en cirque ou en arts numériques : l’évolution des coûts liés à l’exploitation et à l’entretien des salles de spectacle dépasse largement l’inflation. Les lieux de diffusion n’ont d’autre choix que de prioriser l’entretien de leurs infrastructures afin d’accueillir artistes et publics en toute sécurité, au détriment du cœur même de leur mission : la présentation d’une programmation de spectacles au public québécois.

 

Victime d’une double problématique, l’évolution des coûts associés aux lieux de diffusion est causée, d’une part, par la croissance des coûts d’exploitation des salles de spectacle sujet à l’inflation et, d’autre part, par l’enjeu du maintien et de l’entretien des actifs (bâtiments et équipements).  Le poids des coûts liés à la gestion des lieux physiques pèse trop lourd, au détriment de la mission artistique. Le coût net lié à la gestion des lieux des organismes sondés a progressé en moyenne de 53 % (+58 % pour les propriétaires directs et +27 % pour les autres exploitants) entre 2017-2018 et 2023-2024, alors que l’inflation sur cette période de sept ans est de 20,4 %. Cette donnée est fort préoccupante! Les lieux de diffusion ne peuvent plus opérer avec des déficits individuels liés à l’augmentation des frais d’exploitation et d’entretien des lieux de diffusion qui sont en si forte croissance.

 

 

Pour le bien-être et la pérennité du secteur des arts vivants, nous croyons que les gouvernements provinciaux et fédéraux ont un devoir d’agir adéquatement, puisque les lieux de diffusion constituent un patrimoine collectif, ciment de nos identités culturelles. Pour en savoir plus → Consulter le mémoire déposé dans le cadre des consultations pré budgétaires 2026-2027 soumis au gouvernement du Québec

 


LES ACTIONS CONCERTÉES SONT LES SUIVANTES :

 

1. Envoi du rapport “Nos scènes fragilisées, nos arts vivants menacés” au ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, accompagné d’une demande de table de travail

 

L’objectif de la table est de discuter de solutions durables pour l’ensemble du secteur, puisque cet enjeu ne date pas d’hier. Nous souhaitons explorer des pistes telles que :

  • la consolidation du financement d’un réseau de salles de spectacle;
  • la création d’un mécanisme permettant une meilleure prévisibilité des besoins techniques des infrastructures;
  • la mise sur pied d’un fonds dédié aux travaux d’urgence;
  • et plus largement, la révision complète de l’évaluation du financement des lieux de diffusion.

 

2. Dépôt d’un mémoire dans le cadre des consultations pré budgétaires 2026-2027 au gouvernement du Québec

 

  1. Renforcer l’enveloppe budgétaire du Programme d’aide aux immobilisations (PAI), administré par le ministère de la Culture et des Communications, en la portant à 100 M$ annuellement, afin de répondre aux besoins du secteur et de résorber l’engorgement du programme. Cette demande est à la fois raisonnable et minimale, puisqu’elle tient compte des contraintes budgétaires actuelles du gouvernement du Québec.
  2. Améliorer la prévisibilité des besoins techniques des lieux de diffusion par l’utilisation de formulaire de carnet de santé fournis par le Ministère pour tous les organismes éligibles au PAI. Cette uniformité dans les audits techniques des bâtiments permettrait ainsi au gouvernement du Québec de s’engager dans des plans quinquennaux de financement des travaux. Ces plans seraient fondés sur les données issues du carnet de santé, lesquelles précisent, pour chaque composante d’immobilisation, la durée de vie utile normale, l’âge réel ou estimé, ainsi que les besoins de remplacement ou de réparation majeure. Cette mesure vise à accroître l’efficacité de l’action publique en prévenant la dégradation accélérée des bâtiments grâce à une meilleure planification de l’entretien des actifs.
  3. Mettre en place un fonds permanent exclusivement dédié aux travaux d’urgence, afin d’assurer la continuité des services en cas de bris majeurs. Ce fonds devrait prévoir un appel à projets accessible en tout tempsassorti d’un délai de réponse très rapide, adapté à la nature urgente des situations visées.

 

3. Dépôt de recommandations au gouvernement du Canada, et plus spécifiquement Infrastructure Canada, dans l’élaboration du Fonds pour bâtir des collectivités fortes avec la Coalition canadienne des arts

 

Nous ajoutons notre voix à celle de la Coalition canadienne des arts au sujet de la mise en place du Fond pour bâtir des communautés fortes, en proposant ces trois recommandations : 

1. Garantir un quota minimum de fonds consacrés aux infrastructures artistiques et culturelles, distinctes des autres secteurs (loisirs, logement, hôpitaux, etc.), afin de compenser la réorientation du Fonds pour les espaces culturels géré par Patrimoine canadien.

2. Assurer l’équité régionale et permettre au gouvernement fédéral d’agir en tant que principal bailleur de fonds, sans exiger de financement des deux autres niveaux.

3. Veiller à ce que l’administration du programme par Logement, Infrastructures et Collectivités Canada consulte les responsables de Patrimoine canadien qui possèdent une expertise culturelle afin de faciliter l’évaluation des projets d’infrastructures culturelles, et à ce qu’il consulte la Coalition canadienne des arts sur les processus afin de s’assurer qu’ils sont conformes aux capacités et aux connaissances du secteur.

 

4. Représentations ciblées auprès des élues à la culture des villes de Québec et de Montréal

 

 

Pour plus d’informations et les prochaines étapes, merci de contacter Rachel Billet à tai@theatresassocies.ca ou au (514) 842-6361.

 


 

Comité de pilotage : Rachel Billet (TAI), Francine Bernier (Agora de la danse), Jenny Thibault (SAT), Élise Charbonneau (Cirque Éloize)

 

Les 34 lieux de diffusion signataires :
L’Agora de la danse, les Casteliers, le Centaur Theatre, le Centre du théâtre d’aujourd’hui, le Centre Segal, le Cirque Éloize, Danse Danse, Duceppe, Espace GO, Espace libre, L’Illusion, La Bordée, La Caserne, La Chapelle, La Licorne, La Rotonde, Le Diamant, Le Monastère, Les Grands Ballets Canadiens, la Maison pour la danse, la Maison Théâtre, Manivelle, le Périscope, Premier Acte, la Société des arts technologiques, Tangente, Théâtre de Quat’Sous, Théâtre aux Écuries, Théâtre Denise-Pelletier, Théâtre du Nouveau Monde, Théâtre du Rideau Vert, Théâtre Prospero, Trident, Usine C.

 

Les 10 alliés :
ADST, Conseil québécois de la musique, Conseil québécois du théâtre, Culture Montréal, Culture Capitale-Nationale, En Piste, RIDEAU, Regroupement québécois de la danse, Théâtres associés (TAI), Union des artistes (UDA)